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ON ENREGISTRE

Voici quelques principes à respecter pour enregistrer dans de bonnes conditions.

Préparation de la session
La batterie
Guitares et basse
Les voix
Conclusion

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PRÉPARATION DE LA SESSION

Avant toute chose, on va préparer l'enregistrement. Ici, on ne va pas chercher un air, ni improviser ou s'entraîner... on va enregistrer une chanson qu'on aura préalablement écrite. Le but est donc d'enregistrer "au propre", une fois le brouillon terminé. Pour ne pas avoir à refaire la même chose à chaque fois que je veux m'enregistrer, je me suis préparé un modèle vierge qui contient déjà toutes les pistes et bus dont je sais que j'aurai besoin. Cela n'empêche nullement d'ajouter ou d'enlever des éléments si le modèle s'avère incomplet, ou au contraire trop complet pour un nouveau projet.

À quoi ressemble mon modèle ?

Du côté des pistes :
- Des pistes de guitare rythmique (entre 2 et 8 selon mes projets)
- Des pistes de guitare solo (généralement 2 pistes jouées à l'identique pour grossir le son)
- Deux pistes de basse (une avec le son brut direct, une avec un simulateur d'ampli)
- Des pistes de chant lead (une ou deux en général, selon que je double la prise ou non)
- Des pistes de chant background (si nécessaires au projet)
- Des pistes de synthés (idem, le nombre de synthés dépend du projet, ça peut aller de zéro à cinq ou six)

Ensuite, ce sont des pistes pour la batterie. Il y a une piste par élément de batterie, mises en place automatiquement par le séquenceur lorsque j'insère mon plugin de batterie virtuelle :
- Grosse caisse
- Caisse claire
- Tom grave
- Tom medium
- Tom aigu
- Charley
- Cymbale crash
- Cymbale ride
- Cymbale splash
- Micro overhead
- Micro d'ambiance de la pièce
- Micro piezzo
- Une piste MIDI sur laquelle se trouve la partition de la batterie.

Parmi mes bus, j'ai un groupe pour les guitares, un pour la basse, un pour les voix, un pour la batterie, chacun étant redirigé vers un bus Master qui sort sur mon interface audio et mes enceintes. Voici un petit schéma général :

Structure Pistes Bus
Structure Pistes Bus

C'est quoi une piste, c'est quoi un bus ?

Les pistes sont ce sur quoi vous enregistrez un instrument audio ou MIDI. Par exemple, sur la piste 1, il y a aura une guitare, la piste 2 contiendra l'enregistrement d'une 2è guitare, la piste 3 comportera la basse, la 4 contiendra le chant, etc... Chacun organisant ses pistes comme il l'entend.


Pistes
Pistes
Pistes dans la vue "Console" du séquenceur Sonar.

Bus
Bus : euh... oui, mais non...

Les bus, eux, ne contiennent pas d'enregistrement. Ce sont plutôt des groupes de pistes. Par exemple, vous pouvez créer un bus "Guitares", vers lequel seront redirigées vos pistes de guitares. Vous pourrez ainsi leur affecter des effets communs sans ajouter ces effets sur chacune des pistes. Vous ajoutez l'effet souhaité sur le bus, et chacune de vos pistes produira ainsi l'effet voulu. Cela permet aussi, par exemple, de couper le son de toutes les pistes affectées à un bus, ou au contraire de n'entendre que le bus choisi en n'agissant que sur ce seul bus, et non pas sur toutes les pistes individuellement. Ici aussi, l'organisation choisie dépend des besoins, goûts ou habitudes de chacun, mais l'utilisation des bus rend certaines manipulations très pratiques.


Bus
Bus

Bus dans la vue "Console" du séquenceur Sonar.

Les pistes, comme les bus, peuvent être mono ou stéréo, au choix. Sur les séquenceurs récents, le nombre de pistes et de bus que l'on peut créer n'est pas limité. En fait, la seule limite sont vos propres besoins, mais également la capacité de votre ordinateur à gérer les pistes, les bus et les effets qu'on y ajoute.

Vue Pistes
Vue Pistes

Vue "pistes" de Sonar.
Les tailles des parties "pistes" et "bus" sont bien sûr ajustables.


Enfin, avant de commencer et si vos logiciels et matériels le permettent, choisissez d'enregistrer en 24 bits, le son gagne en précision. Une fois la session préparée selon ses préférences, l'enregistrement va pouvoir commencer. Commencer par quoi, d'ailleurs ? Moi, je commence toujours par la batterie et je vous explique pourquoi ci-dessous...

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LA BATTERIE

L'enregistrement d'une vraie batterie acoustique est un véritable casse-tête quand on n'a pas l'habitude. Même pour les pros, c'est un processus qui prend du temps : il n'est pas rare de passer plusieurs heures à placer et régler les micros autour de la batterie avant de pouvoir enregistrer. Mais nous, on va se contenter d'une batterie en boîte puisque nous sommes en home studio. Ce sera donc à base de fichiers midi... Pour les home-studistes chanceux qui disposent d'une batterie acoustique (l'électronique peut se brancher en midi et on récupère directement la partition pour la retravailler à loisir) et qui contrairement à moi savent jouer de la batterie, vous allez donc vous enregistrer avec des micros. Je ne peux pas vous aider pour l'instant, je ne connais pas assez le sujet, mais je suis sûr que d'autres sites sauront vous donner un coup de main. Moi, je vais me contenter de vous parler de ma façon de procéder.

Première chose, pourquoi commencer par la batterie ? C'est simple, cela va nous servir de métronome. Le son de la batterie nous servira de guide pour respecter le tempo qu'on aura choisi lors de l'enregistrement des autres instruments et du chant. Cela permettra donc au morceau d'être joué selon un tempo régulier, et évitera de voir la chanson accélérer et ralentir en permanence. Cela dit, les fluctuations peuvent être intéressantes et apporter au morceau un côté moins mécanique qu'un tempo parfait. Mais bon, partons du postulat que pour une chanson enregistrée en studio, même s'il n'est que "home", ce n'est pas un mal de chercher la régularité.

Dans mon cas, je n'ai généralement aucune idée de ce à quoi ressemblera ma piste de batterie au final. En fait, je ne l'ajuste qu'une fois le morceau déjà enregistré. Mais j'ai tout de même besoin de sa fonction de métronome pour enregistrer les autres instruments. Je me crée donc une piste de batterie qui se répète en boucle, en tâchant tout de même d'utiliser un rythme qui se marie avec ce que je vais jouer. Par exemple, je vais utiliser l'une de ces boucles :


(fichier mp3)


(fichier mp3)


(fichier mp3)


(fichier mp3)

Chaque extrait comporte une ou plusieurs boucles "normales" puis se termine par une boucle "fill" que je vais placer en général à l'endroit où un changement se produit dans le morceau, comme le passage de l'intro au couplet, ou bien du couplet au refrain. Cela me permet de me repérer plus facilement lors de l'enregistrement. Je remplis ainsi ma piste de batterie du nombre de mesures prévues pour la chanson, en prenant soin d'ajouter quelques mesures au tout début (2 mesures par exemple, comme montré ci-dessous), qui serviront de base pour se caler et commencer l'enregistrement dans le tempo. Ces mesures supplémentaires seront supprimées à la fin.

Enregistrement débute mesure 3
Maintenant que nous avons une piste de batterie métronome en place, nous allons pouvoir procéder à l'enregistrement des autres instruments. En l'occurrence, guitares et basse...

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GUITARES ET BASSE

Rappelons que nous sommes ici dans les conditions d'un home studio, en appartement et qu'il n'est absolument pas envisageable de jouer sur un bon gros ampli à lampes de 100 watts sans faire hurler les voisins. On part donc du principe qu'on enregistre les guitares et la basse directement via l'interface audio, sans passer par un vrai ampli et un micro placé devant. Cette dernière solution est sans doute pourtant préférable, mais l'un des gros avantages de l'enregistrement en direct couplé à un simulateur d'ampli, c'est qu'il est possible de changer de sonorité a posteriori, sans avoir à réenregistrer. Il suffit de changer les réglages du simulateur ou de changer de simulateur.

Alors, la basse ou les guitares d'abord ? Il n'y a pas de réponse absolue à apporter. On pourrait considérer que le duo basse-batterie constitue le fondement d'un morceau, la base rythmique sur laquelle s'appuie et se cale tout le reste. C'est pas faux. Mais cela dépend aussi d'autres facteurs : par exemple, celui qui va enregistrer est peut-être plus à l'aise avec une guitare qu'avec une basse, et va donc privilégier sa guitare en l'enregistrant en premier. Ou peut-être que le morceau présente au contraire un riff de basse très important qui impose de l'avoir déjà enregistré une fois qu'on attaquera la partie guitare. Bref, c'est à vous de voir. Dans le doute, le duo basse-batterie est une valeur sûre. Si cette partie-là est bien en place, le reste pourra facilement venir s'appuyer dessus.

Dans les deux cas, l'enregistrement va présenter les mêmes contraintes. On branche sa guitare dans le préampli, préampli relié à l'interface audio (ou directement la guitare dans l'interface audio si on utilise seulement les préamplis de l'interface audio) et on ajuste le volume d'enregistrement. C'est très important ! Avant d'enregistrer, il faut impérativement vérifier qu'on ne risque pas de dépasser le niveau maximum (0 dB, zéro décibel). On ne dispose pas en home studio d'un ingénieur du son qui va faire les réglages pour nous. Alors c'est à nous de prendre les précautions qui s'imposent. Comment faire ? C'est simple : procédez à des essais et des ajustements, c'est rapide à faire et ça vous évitera d'enregistrer la prise parfaite, sans une erreur, pour vous apercevoir après que vos niveaux étaient trop faibles ou trop élevés, ce qui oblige à tout recommencer.

Vous pouvez faire une prise pour rien : pour la guitare rythmique par exemple, jouez les parties que vous savez être les plus fortes, les plus intenses et ajustez les volumes du préampli et de l'interface audio de manière à ce que lorsque vous jouez au plus fort sur votre guitare, le niveau d'enregistrement ne dépasse pas -6 dB, et sachez que 0 dB est la limite supérieure absolue à ne JAMAIS dépasser. Si vous avez joué lors de l'essai de la même manière que ce que vous allez jouer lors de l'enregistrement réel, alors vous serez certain que votre niveau d'enregistrement sera correct. Essayez de faire en sorte que vos pics de niveau soient situés dans une tranche de -12 dB à -6 dB environ, ce qui devrait vous donner un niveau moyen largement suffisant, tout en vous accordant une marge de sécurité avant clipping.

Le clipping, c'est le terme utilisé pour indiquer que vous tapez dans le rouge, c'est à dire que vous atteignez ou dépassez 0 dB. Le clipping, c'est le mal :-)

Pas de clipping    Avec clipping
On voit clairement ici la différence entre un enregistrement à volume correct et le même enregistrement à niveau trop élevé. À droite, le son est écrasé, il n'y a quasiment plus d'écart entre les pics et les creux. Mais voyons cela de plus près :

Pas de clipping, zoom    Avec clipping, zoom
En zoomant, on voit à droite que la courbe sonore est écrêtée, c'est à dire que tout ce qui dépasse 0 dB est écrasé sans ménagement. Et pourquoi c'est mal ? Parce que le son va être distordu, déformé, en un mot : saturé. Et ce genre de saturation est à proscrire, sauf si vous cherchez volontairement à obtenir une bouillie sonore qui va donner mal au crâne de vos auditeurs.


Exemple de clipping sur une voix :


Sans clipping (fichier mp3)


Avec clipping (fichier mp3)


Et sur une guitare :


Sans clipping (fichier mp3)


Avec clipping (fichier mp3)


Bon, ça y est ? Vos niveaux sont bons ? Alors, allez-y, c'est à vous d'enregistrer votre basse et vos guitares.

Réglez votre guitare comme vous le souhaitez en agissant sur les boutons de grave et d'aigu, et le bouton de sélection du micro sur la guitare. Évitez d'obtenir à l'enregistrement un son trop grave (sourd) ou trop aigu (perçant). Le son enregistré sans effet doit déjà être plaisant à l'oreille. Il est évident qu'en tripotant les boutons de réglage de votre instrument, vous allez pouvoir obtenir des sonorités différentes et vous devriez donc pouvoir ajuster votre guitare de façon à obtenir un son plaisant, dans une tonalité qui convient à ce que vous recherchez. Souvenez-vous que lors du mixage, vous ne pourrez pas faire apparaître miraculeusement ce qui n'a pas été enregistré. Un son aigu ne produira pas un beau son grave et chaleureux, même en bidouillant. Alors pensez à l'avance à ce que vous espérez obtenir au final pour choisir vos sonorités de façon logique et cohérente.

Maintenant, restez bien dans le tempo et si vous vous plantez, recommencez. Une fois que le morceau sera terminé et diffusé autour de vous, il sera trop tard pour regretter une mauvaise prise, alors c'est maintenant qu'il faut faire ça bien. Tout le monde ne s'appelle pas Jimmy Page (Led Zeppelin), Eric Clapton, Slash ou Matthew Bellamy (Muse) et tout le monde a droit à l'erreur. Il n'y a pas d'urgence et si vous devez refaire 30 fois la même prise, faites-le. Faites et refaites jusqu'à ce que vous soyez pleinement satisfait. Enregistrez et réécoutez la prise, surtout si vous pensez que c'est la bonne. Surtout, pensez à enregistrer régulièrement votre projet ; on ne sait jamais, un plantage de l'ordinateur au mauvais moment peut vous faire perdre des heures de boulot.

Si cela vous aide, procédez à l'enregistrement en utilisant le son de guitare choisi (voir la section sur les simulateurs d'ampli), mais pour l'instant, ce qui compte, c'est la qualité de l'enregistrement, pas celle du son de l'ampli. C'est l'avantage du simulateur d'ampli, on peut modifier le son après l'enregistrement. Mais nous verrons ça plus tard, lors du mix.

Voilà, vous avez enregistré toutes les pistes de guitare dont vous aviez besoin. Peut-être que votre morceau ne nécessite qu'une seule piste, ou peut-être avez-vous besoin de 8 pistes, à vous de voir. Il peut en effet être intéressant de doubler les prises, afin de donner plus de corps, plus de consistance à la chanson. Mais souvenez-vous aussi que plus il y a d'instruments, plus le mixage se complique parce qu'il est difficile de faire cohabiter tout le monde. La recherche d'un "gros son" ne passe pas forcément par la multiplication des pistes, elle peut aussi être apportée par un bon usage des effets.

Bien entendu, la basse étant elle aussi une guitare (une guitare basse, donc), les contraintes d'enregistrement sont identiques à celles de la guitare. On vérifie avant l'enregistrement le niveau d'entrée pour éviter le clipping, et surtout, encore plus que pour la guitare, la basse doit être bien dans le tempo, sinon on risque de rendre le morceau bancal.

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LES VOIX

Je préfère les enregistrer en dernier, mais il n'y a pas de règle. Si vous préférez caler votre rythmique de guitare sur la voix plutôt que l'inverse, c'est vous qui décidez.

Pour enregistrer les voix, assurez-vous qu'il n'y a pas de bruit, enfermez-vous dans la pièce, prévenez les gens qui vivent avec vous de ne pas faire de bruit et évitez de procéder à l'enregistrement pendant que le voisin fait marcher sa perceuse ! De plus, ne mettez pas le playback de la musique à fond sur les enceintes. Non, non. Mettez un casque sur les oreilles et coupez les enceintes pour éviter d'en capter le son avec le micro.

Micro statique ou dynamique ?

Les micros dynamiques ont l'avantage d'être solides, de ne pas nécessiter d'alimentation électrique, de savoir bien encaisser les pressions acoustiques élevés (exemple : grosse caisse ou saxophone) et de ne pas être trop chers. ils sont également moins sensibles au bruit ambiant que les micros statiques. Au chapitre des inconvénients, ils présentent un manque de définition dans les aigus, ce qui rend les prises de son moins bien définies, moins précises qu'avec les micros statiques. On peut les utiliser avec des prises jack ou des prises XLR.

Les micros statiques sont bien plus sensibles et précis dans leur rendu sonore. Leur sensibilité élevée est toutefois à double tranchant, car ils vont facilement capter le moindre bruit du lieu de l'enregistrement. Les ventilateurs de votre PC font du bruit ? Il y a des chances que cela s'entende lors de l'enregistrement. Votre casque audio laisse s'échapper le son ? Cela aussi sera enregistré par un micro statique. Des enfants jouent dehors un peu bruyamment ? Idem, vous risquez de capter aussi le son de leurs voix. Notons toutefois que certains micros statiques sont dits "cardioïdes", voire "hyper cardioïdes", ce qui signifie qu'ils captent le son qui vient d'une direction précise et ignorent (plus ou moins) les sources sonores provenant d'autres directions. En revanche, les micros omnidirectionnels enregistrent ce qui vient de toutes les directions. Pas idéal en home studio. Ces micros sont aussi plus fragiles (attention aux chocs) et nécessitent d'être alimentés électriquement par un type d'alimentation appelée "fantôme", dont le standard est de 48 volts. Ce type d'alimentation est soit présent sur votre interface audio et s'active avec un bouton, soit nécessite l'utilisation d'une alimentation fantôme supplémentaire à raccorder ensuite sur l'interface audio. Il faut de plus utiliser des câbles XLR à trois broches qui permettent de faire passer le courant de cette alimentation fantôme. Enfin, ces micros sont souvent assez chers. Certains valent plusieurs milliers d'euros, mais ceux-là sont à réserver aux studios professionnels, ou aux très riches amateurs. En contrepartie, le son obtenu avec un micro statique sera de meilleure qualité.

Attention toutefois, un bon micro dynamique vaut mieux qu'un mauvais statique, car il n'y a pas de secret, en microphone comme partout ailleurs, les très bas prix sont rarement synonymes de grande qualité.

Quelques marques de micros connues et réputées : AKG, Milab, Neumann, Rode, Sennheiser, Shure...

Prise Jack    Prise XLR

Prises Jack (à gauche) et XLR (à droite)
Petits conseils : achetez un pied de micro et un filtre anti-pop (vous pouvez aussi le fabriquer vous-même avec un fil de fer et un morceau de collant de votre femme / copine / mère / fille / voisine). Le pied de micro vous évitera d'avoir à tenir votre micro à la main, et donc de produire des bruits de manipulation. Quant au filtre anti-pop, son rôle est d'empêcher l'air de venir cogner contre le micro en produisant un souffle désagréable lorsque vous prononcez des "p" ou des "b" notamment.
Pied de micro    Filtre anti-pop

Pied de micro et filtre anti-pop
D'autre part, essayez de bien rester dans l'axe du micro quand vous chantez, ne bougez pas sans cesse de droite à gauche ou d'avant en arrière pour éviter les grosses variations de volume à la prise. Les micros dynamiques notamment, moins sensibles, risquent de ne pas bien capter votre voix si vous vous éloignez trop du micro (20 cm, c'est déjà beaucoup, donc on peut vite se retrouver trop loin). Que cela ne vous empêche pas de "vivre" et de ressentir votre chanson. Si le fait de penser à ne pas bouger vous empêche de faire passer l'émotion, oubliez le conseil, mais gardez en tête que si vous êtes trop loin ou trop décalé par rapport au micro, la prise de son risque de perdre en qualité. Si jamais vous vous mettez tout à coup à chanter bien plus fort, voire à gueuler (je pense à Franck Black des Pixies, qui passe du chuchotement au hurlement sauvage), il peut être important de vous reculer afin de ne pas faire clipper la prise de son.

En effet, tout comme pour les prises de guitare, il vous faut régler le volume d'enregistrement de votre voix avant la prise. Faites des essais de réglage au préalable en faisant en sorte que le niveau sonore ne dépasse pas 0 dB. Maintenant, si vous avez prévu des écarts de niveau très importants, le fait de faire vos réglages avec comme référence les moments hurlés va rendre les passsages plus doux presque inaudibles. Donc soit vous vous contentez de cela (risque de ramener du souffle lorsque vous allez compresser la voix lors du mixage), soit vous faites la prise en plusieurs fois, en faisant une prise des moments plus calmes et une prise des moments plus violents, chacune avec des réglages différents, ou bien alors vous vous faites aider de quelqu'un qui connaît la chanson et pourra ajuster manuellement les niveaux au cours de la prise elle-même.

Enfin, je vous conseille vivement de vous tenir debout pour enregistrer le chant. Enregistrer assis est une mauvaise habitude à prendre, cela empêche de prendre une respiration profonde et cela risque aussi de restreindre votre amplitude vocale. Debout, un chanteur va pouvoir mieux vivre son chant. Regardez les vidéos d'enregistrement en studio : les chanteurs se tiennent debout. Ce n'est pas seulement pour faire joli dans le clip, c'est aussi une question de respiration. De plus, pensez à bien porter la voix. Je n'ai pas dit de hurler (sauf si c'est volontaire pour votre chanson), mais bien de porter la voix. Si vous marmonnez, cela s'entendra. Pensez à Mick Jagger, David Bowie, Elvis Presley, Freddy Mercury ou Johnny Haliday (peu importe que vous les appréciez ou non, ce ne sont que des exemples connus), tous les chanteurs portent la voix. Vous pouvez entendre clairement quand ils se retiennent, puis quand ils se lâchent. Alors lâchez-vous aussi, que vos futurs auditeurs sentent que vous vous êtes donné à fond, que vous avez vécu votre chanson. Mais encore une fois, à moins que ce ne soit voulu ou que le style l'exige, ne forcez pas. Ce n'est pas un concours de "qui gueulera le plus fort" !!!

De même, à moins d'avoir un don naturel (et même ainsi...), soyez conscient que le chant demande du travail pour être maîtrisé. Ne devient pas un grand chanteur qui veut, sans entraînement. Et ne présumez pas trop de vos capacités. Chacun d'entre nous possède une tessiture qu'on ne peut élargir qu'à force de travail. La tessiture étant la gamme des notes que vous pouvez chanter, de la plus grave à la plus aiguë. Inutile de chercher à chanter une notre trop haute ou trop basse pour vous. Si votre voix ne le permet pas (pas encore), le fait de forcer ne vous aidera pas beaucoup. Au mieux, ce sera moche, au pire, vous allez vous abîmer les cordes vocales.

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CONCLUSION

Voilà, pas besoin de prolonger ce chapitre, l'enregistrement en tant que tel n'est pas ultra-compliqué. Tant que vous faites attention aux niveaux et que vous faites l'effort de soigner vos prises, vous devriez obtenir un résultat satisfaisant et utilisable pour finaliser le morceau.

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Suite : Le mix en théorie


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Cyril All You Bring
le 30/01/2012 à 20h34

Merci pour tes infos, j'ai pu y voir un peu plus clair sur le monde du home studio.
Je possède déjà une carte son line 6 UX2 avec POD Farm, des enceintes de monitoring, j'ai pu essayer Cubase, Audacity et possède Ableton Live et grâce à tes infos, j'ai compris la fonction de certains outils et comme je n'y connais pas grand chose, cette lecture m'a permis de me conforter dans mes idées.
Notamment que Ableton Live était plus axé live... quand je suis dessus, je me fais des sons House pendant une heure pendant que mes amis dansent dessus, mais quand je veux enregistrer, je peine !
J'ai cependant plusieurs questions si tu veux bien m'aider (sûrement basiques mais c'est pas grave !) :
Sur mes enceintes de monitoring, j'ai 2 potards (un sur chacune) "HF LEVEL" qui me laisse le choix entre -2, -1, 0, et +1 db...
Sur quoi cela influence-t-il ?
Où dois-je le positionner ? La même position sur mes 2 enceintes ?
Je n'entends pas la différence lorsque j'écoute simplement de la musique...
Cela a-t-il un rapport avec le "zéro du mal" à ne pas dépasser ???
Et je rencontre un autre problème sur Cubase ou Ableton Live : J'enregistre une piste, genre rythmique, jusque-là c'est cool.
J'enregistre une autre piste en jouant mon solo dessus, je suis calé (bon presque !), et lorsque j'écoute les 2, ma 2ème piste est décalée... Snif, what the fuck ???
Comment régler ce problème sans être obligé de recaler mes 2 pistes par la suite, ce qui est galère !

En tout cas, merci beaucoup pour tes infos claires et précises qui m'ont déjà beaucoup aidées !

Stay rock !

* * * * * * * * * * * * * * * *

Bonjour Cyril,

Merci d'être passé sur mon site !

En ce qui concerne les potards HF Level (High Frequency Level) de tes enceintes, il s'agit d'un bouton d'ajustement du volume des hautes fréquences (fréquences aiguës). Ces potards servent à ajuster ces fréquences de quelques dB pour compenser un éventuel problème d'acoustique de ta pièce. En effet, dans les pièces non traitées acoustiquement, ce qui est le cas de la majorité des home studistes amateurs, le son qui sort des enceintes va aller se taper sur les murs, rebondir, et faire un peu n'importe quoi avant d'arriver dans tes oreilles. La précision des enceintes de monitoring sera mise à mal dans une pièce à l'acoustique incertaine. À ta place, je laisserai les 2 potards à zéro. En fait, comme il y a de fortes chances que ta pièce ne soit pas spécialement traitée pour le son (pas plus que la mienne, d'ailleurs), pour connaître vraiment la justesse de tes enceintes et pouvoir ensuite mixer convenablement, tu vas simplement devoir apprendre à connaître ses réactions dans les graves et les aigus en écoutant tes musiques de référence et en cherchant à mixer de manière à obtenir des mixes que tu jugeras proches de ces références. Puisque les disques de professionnels sont mixés et masterisés dans de bonnes conditions, tu peux t'y fier.
En tout cas, cela n'a rien à voir avec le "zéro du mal" qu'il ne faut jamais dépasser. Ce zéro-là est le volume à ne jamais dépasser lors de l'enregistrement. Lors du mix, chaque piste doit aussi rester en dessous de 0 dB (et même idéalement bien plus bas que ça), et la piste master aussi. Tout cela avant traitement (piste sans plugins), comme après (une fois les plugins ajoutés).

Tu ne m'as pas posé la question, mais ceci pourra intéresser des gens :
Le plus important, c'est de placer tes enceintes au meilleur endroit possible, si tu as le choix du placement. Parfois, chez soi, entre la fenêtre, la porte, l'armoire et le radiateur, il ne reste pas vraiment de choix ! Trouve l'endroit le plus approprié pour que les sons stéréo te parviennent bien là où ils doivent être lorsque tu es assis en position d'écoute. Que les sons centrés semblent se trouver en face de toi, que les sons à gauche soient bien à gauche, etc.
Si ta pièce n'a pas une acoustique géniale (si ça résonne un peu par exemple), place tes enceintes de façon à ce qu'elles ne soient pas trop loin de tes oreilles. Quand tu es assis, tes enceintes doivent être si possible à hauteur de tes oreilles, et orientées vers toi. Vous devez former un triangle, toi et tes enceintes. Assieds-toi face à ton bureau, et tends les bras vers tes enceintes (bras gauche vers enceinte gauche, bras droit vers enceinte droite) : tes enceintes doivent être placées à la même distance par rapport à toi, pour que le son de chacune d'entre elles parvienne à tes oreilles en même temps.
Pour mixer, le bon volume est un volume qui ne t'empêche pas d'avoir une conversation normale avec quelqu'un qui serait dans la pièce. Enfin ça, c'est dans le but de protéger ses oreilles et d'éviter la fatigue auditive. Pour vérifier certains détails (ou se faire plaisir), on monte le son, ou même on vérifie au casque, qui agit comme une sorte de zoom auditif.

Alors en revanche pour ton problème de décalage entre deux pistes, je ne sais pas. Un problème de latence peut-être, ou de réglage d'horloge ? Je suis désolé, mais comme je ne possède ni la Line 6, ni Cubase, ni Ableton, je ne vais pas pouvoir t'être d'un grand secours à ce sujet. Essaie les forums du site Audiofanzine, tu auras plus de chances de trouver des réponses.

Grebz



marco
le 08/01/2012 à 23h31

Super site, merci pour tout ce travail, j'y vois enfin plus clair dans le monde de la MAO, et merci pour tous les sons des amplis. J'ai un son de guitare qui tue !!!



grohl
le 03/01/2012 à 22h22

Salut grebz,

Tout d'abord bravo pour ton site.
Je te contacte en fait parce que j'ai plusieurs questions à te poser.
Je suis une quiche en info mais pourtant j'aimerais bien m'amuser à enregistrer mes compos via un simulateur d'ampli.
J'ai téléchargé Kuassa amplifikation lite et le souci c'est que je n'ai aucun son qui sort quand je branche ma guitare sur le PC.
En matos, je n'ai pas grand chose, j'ai testé comme ça avec mon PC portable et sa carte son avec ma gratte branché en direct et mon casque audio basique mais qui fait le boulot.
Première question:
mon matos et mes branchements correspondent-ils ?
Si non, que me conseilles-tu comme matos à pas cher pour que je puisse me faire plaisir ?

Je t'en remercie d'avance

A+
Grohl

* * * * * * * * * * * * * * * *

Je manque un peu de détails mais a priori, tu n'as pas vraiment l'équipement pour jouer convenablement de la guitare sur PC via un simulateur d'ampli.

Premier point :
Kuassa est un VST, c'est à dire un plugin. Les VST ne peuvent pas être utilisés indépendamment, ils viennent se greffer sur un logiciel hôte, en général un séquenceur.
Il existe des logiciels qui ne sont pas des séquenceurs mais des "hôtes VST" qui permettent d'utiliser des VST sans séquenceur. J'en connais un gratuit, mais je ne l'ai jamais testé, donc je ne sais pas s'il fonctionne bien ou pas. Il s'appelle tout simplement VST Host : Télécharger (vshost.zip, 194 Ko).
S'il marche, très bien, cela épargne l'achat et l'utilisation des séquenceurs, qui sont quand même un peu complexes pour ceux qui n'ont pas envie de se prendre la tête et qui veulent simplement pouvoir jouer. En revanche pour s'enregistrer, l'utilisation d'un séquenceur devient indispensable.
Voir ma page sur les séquenceurs pour se faire une idée.
Comme dit sur la question précédente, je conseille d'essayer Reaper pour diverses raisons. Fiable et peu cher, tout en gardant en tête qu'un séquenceur n'est pas évident du tout à prendre en main quand on débute totalement. Mais c'est comme tout, si on veut vraiment, on peut et il suffit d'apprendre. Pas toujours évident, mais loin d'être insurmontable.

Deuxième point :
La carte son intégrée à l'ordinateur portable... Elle a deux défauts pour ce que tu veux en faire.

- D'abord elle n'est pas conçue pour le volume sonore très faible qu'une guitare électrique lui envoie quand tu la branches en direct. Les guitares électriques (ou électro-acoustiques... toutes celles qui se branchent, quoi) ont besoin d'une amplification, ce que la carte son intégrée à l'ordinateur n'offre pas.
Pour remédier à cela, il faut donc soit passer par un préampli (exemple ici), soit, ce qui est bien mieux, par une véritable interface audio (ici).

- Ensuite, les cartes audio basiques provoquent de la latence, c'est à dire un délai entre le moment où l'on joue sur l'instrument et le moment où on entend le son dans le casque ou les enceintes. Et cette latence est souvent trop grande pour permettre de jouer dans de bonnes conditions (une bonne demi-seconde, ce qui est énorme).
On peut y remédier grâce à Asio4All (site officiel), un petit logiciel qui permet de réduire fortement la latence des cartes audio de base, mais ce n'est pas l'idéal malgré tout.

La meilleure solution reste vraiment l'interface audio. Pour du matériel correct, il faut quand même compter aux alentours de 150 euros en entrée de gamme, et il ne faut pas être surpris de tomber sur des prix d'interfaces entre 300 et 1000 euros ! Oui, la MAO a malheureusement un coût.

Troisième point :
Le casque... je ne sais pas ce que c'est comme modèle, mais comme je le dis dans mon didacticiel, mixer au casque n'est pas très recommandé, sauf (et encore...) avec de très bons casques spécifiques. Bon, n'exagérons pas, on peut très bien débuter et se faire plaisir avec du matériel de base. Si vraiment ça devient une passion et qu'on veut absolument faire "aussi bien que les pros", il faudra investir dans du matériel plus complet et plus haut de gamme. Mais chaque chose en son temps et à moins d'avoir de l'argent à claquer, il est raisonnable d'être prudent (et prudent d'être raisonnable). Commence donc avec ce que tu as comme casque, l'investissement dans des enceintes de monitoring viendra plus tard.

En résumé :
Guitare -> (préampli) interface audio -> ordinateur -> séquenceur -> simulateur d'ampli -> simulateur de baffle -> casque

Grebz



Gulibert
le 03/01/2012 à 21h19

Bonjour Grebz,
Très intéressant ton site, je m'en inspire pour certains achats... :-)

J'ai, en fait, une question ou "un service" à te demander. Puisque tu as de l'avance sur moi en terme de MAO.
Chansonnier et guitariste de la vieille école, si je désire être "accompagné" d'un ordinateur pour ajouter 3-4 instruments de plus à mes représentations. Est-ce que tu me suggères quand même Sonar ? Car je me suis amusé avec la version démo et bien qu'il soit puissant, je ne veux que "préparer le montage" de mes chansons, ajouter une playlist ou une banque et lancer l'accompagnement avec mon interface midi...

Merci de tes lumières sur ce sujet...

Gulibert

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Je ne suggère pas Sonar plus qu'un autre séquenceur. Si je parle de Sonar dans mes descriptions, c'est tout simplement parce que c'est le séquenceur que j'utilise. Si j'étais utilisateur de Cubase ou ProTools, c'est d'eux que je parlerais.

Mon conseil pour ne pas dépenser trop d'argent serait d'essayer Reaper. C'est un séquenceur comparable à Sonar ou Cubase, avec ses qualités et ses défauts, mais qui permet de faire tout ce que ces deux autres séquenceurs permettent. Les fonctions ne sont pas forcément toutes identiques, l'interface est un peu différente, le nom des paramètres ne sera pas toujours le même, mais c'est grosso modo la même manière de procéder.

L'avantage de Reaper ? Son prix. On peut le télécharger et l'utiliser gratuitement sans limitation, en version 32 ou 64 bits. Comme il n'est pas bridé, et contrairement à une version démo, on a accès à toutes ses fonctions. Mais attention ! Ce n'est pas un logiciel gratuit pour autant. Si vous le téléchargez et que vous l'utilisez vraiment, pas seulement à titre d'essai, vous devez l'acheter.

Contrairement à ses concurrents, Reaper ne coûte que 60 dollars (45 euros), là où les versions complètes de sonar ou Cubase avoisinent plutôt les 400 euros ! Il existe aussi des versions light de ces derniers, aux alentours de 100 euros et ils peuvent aussi constituer une excellente solution. La différence, c'est que Reaper n'existe qu'en une seule version, complète. mais en contrepartie, Sonar et Cubase proposent plus de logiciels annexes (des synthés, des effets, etc.) fournis au moment de l'achat que Reaper. Mais comme tous ces outils complémentaires se trouvent facilement et gratuitement sur Internet, l'avantage n'est pas forcément déterminant.

Je t'encourage donc à au moins essayer Reaper, et puisque tu as déjà essayé la démo de Sonar, cela te fera un point de comparaison pour faire ton choix ensuite. Si tu as le courage, tu peux aussi essayer les démos d'autres séquenceurs comme Cubase.

Grebz



Jvne
le 06/12/2011 à 12h40

Merci beaucoup Grebz, pour cette mine d'infos - sur les impulsions notamment.
Au plaisir.

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De rien !

Grebz

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